237 Réaliser son Fantasme

Dans mon dernier post, je parlais de l'importance des fantasmes au sein d'une relation amoureuse à court ou long terme, en insistant sur la "cérébralité" qui intensifie les sensations. On en en vient naturellement à la question de savoir s'il est indispensable de les réaliser... Fantasmer est tout d'abord un préliminaire indispensable et naturel, qui initie les festivités, qui met en bouche, qui donne envie... Réaliser un fantasme n'est pas indispensable, mais cela se révèle très souvent d'autant plus jouissif !


Et puis il y a les fantasmes qui se réalisent à l'improviste, dans le feu de l'action, dont on se dit après coup qu'on aurait toujours rêvé de le vivre de cette manière... Ce sont souvent les plus extraordinaires.... En voici un exemple hors du commun tirés de mon livre "Les Chaussures Rouges".



Extrait "Les Chaussures Rouges":


Toucher enfin sa peau, sentir son odeur,

Humer ses cheveux, goûter sa bouche,

découvrir les secrets de son corps…



Sébastien avait suivi la jeune femme sans hésiter, c’était le moment d’agir, il le fallait ! Il se retrouva dans un espace semi-obscur, vaguement éclairé par les interstices entre les panneaux et le toit fait d’une bâche plastifiée. Ce n’étaient que quelques mètres carrés dédiés au rangement de matériel. Des étagères longeaient les cloisons mobiles, chargées de cartons ouverts et de piles de dossiers. Au centre se trouvaient quelques chaises et une table de couleur claire, sur laquelle la jeune femme qu’il discernait vaguement dans la pénombre posait son fardeau, puis se retournait pour ressortir. Elle se heurta à lui dans son élan et eut un cri de surprise. Le jeune homme la retint dans ses bras et chuchota doucement :

— C’est moi ! Je suis là !

Elle resta surprise, essayant de discerner ses traits, un sourire à ses lèvres entrouvertes dévoilant dans l’obscurité ses dents blanches. Ses yeux brillaient, sa bouche se devinait couleur cerise ; ses cheveux en boucles lâches caressaient les mains qui la tenaient, son corps était souple et doux contre celui de l’homme qui la retenait contre lui. Elle rit doucement, tentant de se dégager :

— Vous êtes cinglé, sortons d’ici !

— Oui, cinglé complètement cinglé, depuis deux semaines que je vous ai aperçue…

Elle resta silencieuse, attentive. Ils savourèrent l’instant, sans plus un mot. Leur peau s’électrifiait au contact de l’autre, leur regard se grisait des contours sombres de cet être inconnu et si attendu, leurs souffles entrecoupés se mêlaient. Elle ne bougea pas, appréciant la chaleur de ce grand corps, sa présence envoûtante, son parfum viril qui la grisait, ses mains chaudes à son dos, ses bras puissants qui la tenaient dans un cercle enchanté. Elle avait tant attendu ce moment, depuis ce message excitant, écrit en grandes lettres sur cette feuille orange plaqué pour elle à cette fenêtre de banque aux abords si sérieux : « Please, Un RV ou je meurs ! » Elle avait éclaté de rire et s’était sentie désirée, désirable, telle une héroïne de roman courtisée par un inconnu invisible. Maintenant, il était là, elle était dans ce roman, elle touchait cet homme, mais ne discernait pas encore vraiment ses traits, les devinant à son goût…

Sébastien respirait sa belle inconnue avec délectation, déjà séduit par ce contact sensuel, ce parfum unique, cette odeur de femme qui l’excitait déjà, rien que de la tenir près de lui. Ses mains avaient envie de la caresser, mais il les retenait, par peur de la faire reculer. Alors il attendit sans rien dire, resserrant imperceptiblement son étreinte autour de ce tanagra aux formes pulpeuses appuyé maintenant contre lui, oppressé de désirs, anxieux qu’elle ne s’envole sans qu’il ne puisse la retenir. Par un hasard étonnant, la musique ambiante du Salon changea et passa un air très romantique de Whitney Houston, « I will always loving you ».

Sébastien profita de cette coïncidence, entamant un slow très lent, resserrant son étreinte progressivement, incapable de dire un mot, concentré à apprécier l’instant, balançant leur couple uni dans un rythme langoureux. Comme dans son rêve, il sentait son corps féminin contre le sien, sensuel et chaud épouser les formes de son grand corps à la perfection ; ses petits seins ronds au creux de son épaule, ses jambes entre les siennes, son pubis brûlant contre sa cuisse, ses jambes ouvertes à la pression de son viril membre durci, sa joue contre la sienne.

Elle ne disait rien, charmée par les sensations intenses ressenties dans cet instant magique ; son esprit s’était envolé loin de son corps surexcité par la présence de cet homme dont elle avait rêvé fréquemment ; elle avait imaginé des étreintes torrides au cœur de la nuit dans ses rêves brûlants, ou dans ses fantasmes secrets. Elle ne pensait plus à ses devoirs d’hôtesse au Salon de l’Automobile, à la responsable qui attendait son retour, ni à l’environnement de visiteurs autour de leur petit abri fragile. Elle avait décidé depuis ce message aperçu à la fenêtre, qu’elle saisirait sans hésiter l’occasion de rencontrer son inconnu, dont elle avait encore rêvé la nuit passée lui criant : « C’est moi ! Je suis là ! » Elle s’appuya contre lui, enchantée de sentir la bosse bien dure de son sexe contre le sien, la force de ses bras autour d’elle, la solidité de ce grand corps qu’elle devinait musclé sous les vêtements.

Sébastien perçut son abandon et osa toucher sa bouche velours, caresser son visage aux formes douces et aux angles déliés, enfouir ses doigts dans les boucles suaves de sa longue chevelure, embrasser cette bouche si douce, goûter à cette langue agile et sensible qui se noua à la sienne pour un baiser de feu, les entraînant à s’étreindre avec plus fort, à échanger salive et légères morsures avec ardeur. Il n’y eut plus de retenue, ils devenaient enragés, s’étreignant toujours avec plus de force, se caressant le visage en soupirant de plaisir, goûtant à l’autre avec passion."